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LA PLANÈTE DES FEMMES
Prologue
Alexeï émergea sur la lisière de la forêt, plongé dans ses pensées, et entendit soudain derrière lui un rire féminin. Se retournant, il aperçut à quelques mètres de lui une foule d’amazones nues qui, voyant qu’il les avait remarquées, poussèrent des cris joyeux et se lancèrent immédiatement à sa poursuite. Il se mit à fuir. Quinze amazones nues coururent après lui, leurs seins se balançant de côté et d’autre, leurs ventres blanchâtres et leurs pubis rasés se détachant au‑dessous.
Alexeï courut nu, très vite, malgré le fait que de tous côtés, la jungle l’entourait, et le plafond vert formé par les feuilles ondulantes ne laissait passer le soleil que par endroits, sous forme de rayons obliques qui s’épanouissaient en éventail dans une brume bleutée. L’homme évitait dans l’obscurité les buissons épineux et les lianes qui pendait des branches. En sautant par‑dessus les racines rampantes, il cherchait à échapper à la poursuite, car il savait que se cacher des amazones était très difficile.
Il trébucha, tomba, se retourna sur le dos et, haletant, écouta : la poursuite était‑elle toujours là ?
Au‑dessus, étouffant le chant polyphone des oiseaux, le vent se mit à mugir. L’air embaumait du souffle humide de la forêt tropicale pluviale. S’efforçant de ne pas faire bruire les feuilles mortes, Alexeï se souleva sur ses coudes, scrutant avec crainte le crépuscule verdâtre de la jungle.
« Je crois que j’ai réussi à m’échapper ! » soupira‑t‑il avec soulagement, pensant que s’il était tombé aux mains des amazones, on l’aurait forcé à avoir des relations sexuelles avec une dizaine, voire plus, de femmes…
Ce jour‑là, pendant la récolte des fruits de maracuja, les femmes buvaient une tisane à l’écorce d’arbre yohimbé comme aphrodisiaque et organisaient une véritable chasse sexuelle sauvage et déchaînée aux hommes… Offrant ainsi un sacrifice à la déesse, non pas sanglant, mais tout de même un sacrifice…
Lors de ses cours d’archéologie à l’université, il avait souvent raconté aux étudiants des cités perdues et dessiné au tableau de nombreux schémas, des modèles de différentes sociétés, y compris celle des amazones… Il disait que système matriarcal et amazones étaient deux concepts différents, car dans un système matriarcal, c’est la femme qui est à la tête de la famille, contrairement au système patriarcal… alors que chez les amazones, il n’y avait pas d’hommes, et donc elles n’avaient personne sur qui dominer, sauf entre elles…
Maintenant, confronté à la réalité, il ne pensait plus de la sorte, car elles avaient non seulement des femmes, mais aussi des hommes‑esclaves, situés au plus bas de leur niche sociale, capturés lors de raids sur les villages et les hameaux…
Bien sûr, les définitions de ces termes écrites dans les manuels étaient correctes, mais seulement si on les considérait théoriquement, comme des essences pures, sans impuretés.
À cette époque lointaine, Alexeï aimait souvent pousser les étudiants à réfléchir, à méditer, à se perdre un peu… Puis, soudain, il commençait à tracer au tableau à la craie un schéma : système matriarcal – et en dessous, par des flèches, il indiquait les types ou espèces, les formes de sociétés appartenant à ce système, parmi lesquelles les amazones occupaient une place assez modeste, et de celles‑ci descendaient encore des flèches vers leurs différentes variantes.
Et maintenant, allongé près des racines plates d’un arbre géant, il se demandait : « Qui aurait pu imaginer que je devrais affronter les amazones en pratique ? »
Chapitre I
DANS L’ESPACE
Un vaisseau spatial de forme ovale flottait dans le crépuscule étoilé de l’espace. Il tournait lentement, et sur sa coque lisse et sombre, à la lumière des étoiles, brilla le nom du vaisseau : Prométhée. Le vaisseau commença à basculer sur un autre côté, révélant la tour de observation, deux mâts de poupe et quatre antennes du système d’approche. Jusqu’à ce qu’apparaisse… un trou béant dans la coque. Avec un bout de câble en acier qui en dépassait, il glissa lentement et s’effaça tranquillement sur la face opposée du vaisseau stellaire.
Dehors régnait le froid. À l’intérieur, sous les écrans d’observation, dans la salle de commande principale, le panneau de contrôle scintillait encore dans l’obscurité d’une lueur verte. Partout, l’givre brillait.
Dans le hangar le plus éloigné, sur le canot planétaire, se dressait un sarcophage recouvert de glace. À l’intérieur, sous une cloche transparente, reposait un homme élancé, d’âge moyen. De la condensation tombait sur son visage. L’homme dormait. Et il rêvait…
Il volait à bord d’un vaisseau et se voyait lui‑même dans une cuve d’hibernation, endormi.
Une musique calme et apaisante jouait.
Devant lui, une nébuleuse rouge‑bleue scintillait. Tout l’espace était semé d’étoiles. Seul le vaisseau, poli jusqu’à l’éclat, fonçait en grondant dans le vide, et deux étoiles dansaient à la poupe.
À mesure qu’elles s’approchaient, elles se transformaient en jeunes filles nues, qui, parées de bijoux, commençaient à danser. En remuant leurs hanches en cadence avec la musique, elles rappelaient des beautés orientales et ne cessaient de grandir. Elles étaient maintenant à bord du vaisseau ! Elles tendaient leurs mains délicates ornées de joyaux. Elles effleuraient le visage du cosmonaute endormi et…
Alexeï gémit de plaisir, sentant le contact des corps ardents des jeunes filles. À travers le sommeil, il entendit le hurlement de la sirène d’alerte. Le vaisseau pénétrait dans un système planétaire inconnu.
Juste devant le cap, une énorme masse rocheuse en forme d’anneau s’élevait. Un véritable déluge de pierres s’abattit avant que le vaisseau ne le traverse. Autour du vaisseau, le système de protection anti‑météorites s’activa – et l’espace s’illumina de flashs provoqués par la poussière fine et les météorites heurtant le champ de force à base d’antimatière…
Peu après, apparut un géant gazeux, une immense boule striée de couleur pourpre, avec des nuages blancs et roux qui occultaient une partie de l’espace à bâbord.
Du côté vers lequel se dirigeait le vaisseau, à une distance de 779 millions de kilomètres, dans le noir de l’espace, le soleil local brillait éblouissant ; autour de lui tournaient sept autres planètes, espacées à différentes distances…
Le programme « Recherche de vie » s’enclencha…
Chapitre II
LE RÉVEIL DU COSMONAUTE
Le vaisseau stellaire flottait au‑dessus de la planète, entouré d’une aura bleutée de son atmosphère. Il commença lentement à dériver au‑dessus d’un immense supercontinent, scrutant à l’aide de caméras la surface couverte de pics brunâtres. Ce n’est que lorsque des villes apparurent au bas, sur l’une des côtes marines, au milieu de la végétation verte, qu’un sondeur radiocommandé se détacha du vaisseau, et que les données sur l’atmosphère commencèrent à défiler lentement sur les moniteurs de l’ordinateur de bord.
L’air était respirable. Quelque temps plus tard, le canot planétaire amorça sa descente.
Alexeï se réveilla, frissonnant de froid, au bruit du ressac, après des années de sommeil qui lui avaient laissé une barbe épaisse. Il ouvrit les yeux, sortit de la cuve d’hibernation, arrachant les tubes de nutrition, et tomba sur le sol métallique frais, se frottant le corps avec les mains.
La combinaison sur le siège avait disparu.
À travers la coupole transparente, sur fond de ciel du soir, on distinguait une plage de sable et une mer d’un bleu foncé, dont la surface reflétait des lueurs dorées. Des récifs pointus surgissaient des profondeurs marines, teintés d’une lumière rose.
La planète ressemblait fortement au monde natal d’Alexeï, à ceci près que les oiseaux planant et criant stridulement, semblables aux mouettes, étaient dotés de mâchoires.
L’un d’eux passa très bas au‑dessus de la coupole, fixant le cosmonaute de ses yeux noirs et globuleux, et poussa un cri désagréable, dévoilant une rangée de dents aiguës comme des épingle.
Alexeï recula du verre. Il fallait trouver des vêtements.
« Sans doute, les robots les ont rangés dans l’armoire, pensa‑t‑il. Zut ! J’ai encore oublié d’annuler la commande ! Maintenant, il faut les chercher… »
Se relevant, il boitilla vers le compartiment adjacent. Sentant que les picotements dans les muscles diminuaient, il finit par trouver sa combinaison et l’enfila. Il prit dans le réfrigérateur une caisse de nourriture et l’apporta dans la salle de pilotage. S’asseyant devant le pupitre, dans le fauteuil, il ouvrit quelques boîtes et grimaca : toute la nourriture s’était transformée en boules glacées.
Il posa le tout de côté et tapota des doigts sur les touches holographiques de l’ordinateur de bord.
– Combien de temps ai‑je dormi ?
– Deux cent cinquante millions d’années se sont écoulés depuis le début de l’hibernation, répondit la machine d’une voix féminine.
– Que s’est‑il passé ?
– Défaillance du hyperpropulseur : le bloc des accélérateurs est endommagé.
– Mes coordonnées ?
– En raison de la panne du système de navigation, il est impossible de déterminer les coordonnées exactes du vaisseau.
Se levant du fauteuil, Alexeï se mit à arpenter nerveusement la salle. L’idée qu’il était définitivement coupé de son monde le terrifia. Il sentit un frisson glacial parcourir son dos. Jetant un coup d’œil à l’écran de visualisation, le cosmonaute frémit. Les créatures volantes continuaient à virevolter en piaillant.
Il faut dire qu’à l’époque d’Alexeï, une machine à voyager dans le temps avait déjà été inventée, et la technologie du déplacement temporel était activement utilisée dans la technique spatiale, car elle rendait accessible pratiquement n’importe quel point de l’espace. On pouvait ainsi parcourir la distance de quatre‑vingt‑dix milliards d’années‑lumière en seulement trois mois. C’est pourquoi l’hibernation s’avérait utile.
D’ailleurs, cette planète pourrait être la Terre du futur : Alexeï envisageait cette hypothèse. Car à son époque, on avait tenté de transférer la faune locale du lointain passé vers le futur, sans parler des transferts réussis d’humains dans le temps. Et son vaisseau étoilé était justement programmé pour revenir sur Terre en cas de dysfonctionnement. Bien sûr, il se pouvait aussi qu’il n’ait tout simplement pas atteint la Terre et se soit posé quelque part en chemin, sur une planète d’un autre système stellaire, dont les formes locales de vie devaient encore suivre un long chemin évolutif – des oiseaux à dents jusqu’aux mouettes modernes. On pouvait formuler de nombreuses hypothèses.
« Essayons de raisonner logiquement, décida Alexeï. Donc, je me retrouve sur une planète habitable. J’ai une arme… »
Le cosmonaute prit son blaster et le connecta à l’appareil de recharge, remarquant les lumières multicolores clignotant le long de la poignée. « Tout va bien, pensa‑t‑il. Maintenant, je dois vérifier le processeur multi‑noyau. Pourquoi ne fonctionne‑t‑il pas ? »
Réfléchissant aux causes de la panne, Alexeï gagna la salle radio. Il retira le panneau de commande et brancha l’indicateur.
– C’est bien ça ! murmura‑t‑il. Il est grillé !
En se salissant de poudre de temporel pendant l’impression sur l’imprimante 100D, Alexeï remplaça la pièce défectueuse et régla le programme holographique « intelligence artificielle » pour qu’il s’active progressivement, discrètement, afin de ne pas trop le fatiguer après ce réveil, avec son humour.
En s’approchant du panneau de commande, il toucha l’interrupteur — et dans l’air apparut une carte tridimensionnelle, détaillée jusqu’au moindre détail, de la région avoisinante…
Non loin du lieu d’atterrissage, sur le plateau, se dressait une belle ville inconnue, entourée d’une forteresse médiévale…
— Wow ! — s’exclama Alexeï en apercevant deux jolies femmes qui gardaient l’entrée de la forteresse…
Parti mettre son apparence en ordre, le cosmonaute prit une douche, se rasa et changea de linge, enfilant des vêtements propres… Par mesure de précaution, il se fit également vacciner contre les microbes locaux : pendant qu’il était en anabiose lors de l’atterrissage, l’ordinateur de bord, après analyse des données sur la flore microbienne de cette planète, avait déjà réussi à élaborer des vaccins.
Descendant dans la chambre hermétique, il activa tous les systèmes de protection et ouvrit le sas d’entrée à l’aide de la clé radio. On entendit un léger bruissement de vent. Un air frais frappa le visage du cosmonaute, apportant avec lui l’odeur salée de la mer, du sable et des algues pourries.
Chapitre III
LA ROUTE VERS LA VILLE
Ayant posé le pied sur le sol, Alexeï entendit le sas se refermer derrière lui, au-dessus de l’échelle. Il attendit encore un peu, observant comment l’armure recouvrait le dôme transparent depuis les flancs du canot discoïde. Ce n’est qu’alors qu’il se hâta vers une colline herbeuse, remarquant que l’obscurité s’était fortement accentuée autour de lui.
Grimpant sur l’élévation, s’enfonçant jusqu’aux genoux dans l’herbe d’un bleu foncé, le cosmonaute ne put retenir un cri d’admiration : devant lui, dans la pénombre, s’étendait une vallée montagneuse. À gauche, là où la côte s’incurvait, couverte de buissons et de palmiers, se dressait sur le plateau une ville mystérieuse. Dans les crépuscules qui s’épaissaient, les dômes dorés des tours brûlaient d’une lueur mystérieuse.
Chancelant à cause de sa faiblesse, Alexeï jeta un coup d’œil autour de lui. Il savait qu’une imprudence la plus minime sur une planète inconnue pouvait coûter la vie. Mais le désir de découvrir quelque chose de nouveau était si fort qu’il se mit à marcher le long de la crête de la colline. Le soleil, entouré d’un coucher de soleil rouge sang, était déjà à moitié disparaissu derrière l’horizon maritime, et, dans certaines parties du ciel du soir, légèrement voilé par une fine brume de nuages, les premières étoiles apparurent. Un sourire effleura le visage du cosmonaute : là-haut, en orbite, flottait son vaisseau. SON vaisseau !
Peu à peu, la pente devint plus raide, et l’herbe sous ses pieds céda la place à une surface rocheuse. Ici, entre les rochers, commençait une descente abrupte ; toute la côte en bas était noyée dans le bruissement vert de la végétation.
Le cosmonaute s’arrêta et retira son casque hermétique, car dans la situation où il se trouvait, il fallait déjà commencer à développer une immunité face à la microflore locale… Une brise venue de la mer caressa doucement ses cheveux. Alexeï soupira. Il se tenait au-dessus des palmiers plongés dans la pénombre, derrière lesquels on distinguait une bande de sable et la mer — mystérieuse, scintillant dans les teintes indéfinies d’un horizon pourpre.
« Liberté, espace », pensa le cosmonaute, et il se mit à avancer lentement le long de la colline.
Il restait environ un kilomètre avant la ville lorsqu’une fumée s’éleva au-dessus de la côte. Alexeï faillit bondir d’étonnement. Arrachant la jumelle de sa poitrine, il colla les yeux aux oculaires.
Les palmiers, le sable et la mer défilèrent dans l’objectif, jusqu’à ce que, sur l’échelle graduée verdâtre, apparaissent quatre jeunes filles vêtues de maillots de bain. Elles se tenaient près d’un cheval sur lequel reposait un garçon ligoté.
L’image se régla. Dans l’angle gauche de l’écran, des chiffres se mirent à clignoter : la distance jusqu’à la cible était de 385 mètres. L’oreille électronique s’activa.
Le cosmonaute resta figé, écoutant le sifflement du décodeur. Parvint jusqu’à lui un éclat de rire. Une autre jeune fille sortit de l’eau. Elle était sans maillot. Son corps mouillé scintilla à la lumière du soleil couchant.
Alexeï détourna le regard, jetant un œil vers la piste solaire dorée qui scintillait sur la surface de l’eau presque jusqu’à l’horizon. Du coin de l’œil, il remarqua que les jeunes filles commençaient à s’éloigner sans se presser.
— Hé, hé ! Où allez-vous ? — s’écria Alexeï, tendant la main en signe d’interrogation.
Se précipitant pour descendre de l’élévation, le cosmonaute fit bruire ses bottes sur la surface rocheuse. De petits cailloux roulèrent vers le bas…
Arrivé sur la plage, Alexeï se hâta le long de la surface ondulante de l’eau, se dirigeant vers l’endroit où flambait le feu.
Parvenu près du feu, qui grésillait et craquait sur la rive de la mer, le cosmonaute s’arrêta. Sur le sable traînait un manteau déchiré et quelques boîtes de conserve vides.
« Il semble que les jeunes filles soient parties dans cette direction », pensa Alexeï en examinant les lieux.
Nick (c’est ainsi qu’on appelait le casque hermétique) déclara soudain :
— Je n’aime pas tout ça ! C’est bizarre !
— Quoi exactement ? — demanda le cosmonaute.
— Pourquoi ont-elles ligoté ce garçon ?
— Peut-être a-t-il bu des boissons interdites ou a fait quelque chose ? — supposa Alexeï avec un sourire. — Bon, allons-y, on a déjà assez tardé !
…Le cosmonaute marchait si vite qu’il commença bientôt à rattraper les jeunes filles, réduisant progressivement la distance. Nick, qui tout ce temps préparait son cerveau au contact, rapporta :
— Le processus d’échange de connaissances est terminé ! Agis !
Et Alexeï, comme s’il avait parlé toute sa vie la langue des autochtones, cria :
— Belles dames ! Attendez, je vous en prie !
Arrivé près d’elles, le cosmonaute s’immobilisa. Les jeunes filles échangèrent un regard.
— Qui es-tu ? — lui demanda l’une d’elles d’un ton brusque. — Pourquoi ne respectes-tu pas les règles de l’étiquette ?
— J’ai effectué un atterrissage forcé sur votre planète et je ne connais pas vos coutumes, répondit-il. — Pardonnez-moi donc si j’ai involontairement pu vous offenser…
Alexeï se tut. C’est seulement maintenant qu’il remarqua à quel point les jeunes filles étaient belles. Leurs maillots de bain étaient faits d’une cuirasse à écailles. Et leurs jambes étaient chaussées de bottes en cuir.
« De vraies Amazones ! » pensa-t-il, submergé malgré lui par l’admiration. Glissant du regard le long de leurs tailles, où chacune portait une épée, le cosmonaute soupira et continua :
— Pourriez-vous me montrer le chemin de la ville ? Ou peut-être vous dirigez-vous dans la même direction, et pourrions-nous continuer ensemble ?
— C’est la première fois que j’entends dire qu’un homme veut aller en ville ! — murmura la jeune fille aux cheveux roux, secouant la tête, perplexe. — Que devons-nous faire ? — se tourna-t-elle vers ses amies.
— Il semble qu’il puisse y aller tout seul, dit une autre inconnue. — On n’aura pas à le traîner… Eh bien. Allons-y.
Et elles se mirent en marche vers le plateau, où, à la lisière, à travers la brume crépusculaire, scintillaient de façon fantomatique les dômes dorés des tours de la ville…

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